Le CaPRa a créé une structure professionnalisée pour venir en aide aux populations exposées. Il regroupe l’expertise et le savoir-faire d’acteurs de terrain, de médecins pneumologues sensibilisés aux problèmes de l’amiante, d’avocats spécialisés dans le domaine des pathologies liées aux risques professionnels.

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Collectif d´Accompagnement et de Prévention des Risques Amiante

  Hôpital de la Fraternité
Pavillon d´accueil
1er étage
20 avenue Julien LAGACHE
59100 ROUBAIX

Permanence le jeudi
de 16 H 30 à 20 H 00
ou sur rendez-vous


Tél. : 03 20 80 99 36
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Président d´honneur :
Dr Hubert BARBIEUX

Présidente du Conseil d´administration :
Ghislaine PLE

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Les maladies liées à l´Amiante

COMPTE-RENDU DE CONFERENCE MEDICALE ANIMEE PAR LEDOCTEUR HUBERT BARBIEUX, PNEUMOLOGUE, PRESIDENT D´HONNEUR ET CONSEILLER TECHNIQUE MEDICAL DE L´ASSOCIATION

HISTORIQUE DE L´AMIANTE

L’amiante est une substance minérale naturelle qui se trouve dans la terre ou dans les roches. C’est un silicate fibreux ; il en existe essentiellement deux groupes : d’une part les serpentines et d’autre part les amphiboles.

En résumé, quelques présentations de l’amiante: la crysotile (qui est blanche) la plus connue car la plus courante ; les amphiboles sont des silicates fibreux avec du sodium, les crocydolites - l’amiante est bleue (elle est parfois utilisée en bijouterie) ; les amphiboles calciques comportent du calcaire, du calcium. Puis les amiantes ferrugineuses de couleur brune. Elles ont des consistances tout à fait différentes. La première (la blanche) est très friable. Les autres sont beaucoup plus dures, elles peuvent prendre presque la consistance du diamant, de la pierre.

UTILISATION

Ces substances ont des caractères exceptionnels :

  1. Résistance à la chaleur et au feu : ça a été une des premières utilisation de l’amiante.
  2. Résistance chimique : les nombreux acides ne peuvent pas altérer les tissus de fibre d’amiante.
  3. Résistance mécanique à la traction : elle a permis certaines applications.
  4. L´imputrescibilité : la non-détérioration par la pourriture.

D’où des applications multiples (elles ne se veulent pas exhaustives) :

Dans l’industrie du bâtiment (calorifugeage et étanchéité), dans la construction navale (pour isoler et résister au feu et améliorer ainsi la résistance aux incendies dans les navires) ; l´industrie textile (vêtements résistant au feu), les travaux de calorifugeage ; l’industrie automobile (avec notamment les freins).

Des substances pouvaient être filtrées grâce à des filtres d’amiante (d’où la possibilité de retrouver des traces d’amiante dans certains liquides - comme le vin autrefois) ; les industries plastiques (pour isoler et calorifuger, certains revêtements de sols ont pu contenir de l’amiante pour être isolants au feu) ; dans l’industrie alimentaire et dans l’industrie pharmaceutique (ce n’est plus d’actualité aujourd’hui mais ça a été le cas il y a une vingtaine d’années).

  • la chrysotile : amiante blanche
  • l´allosite : résistance thermique
  • la crociolite : résistance mécanique

Ces noms vous disent peut-être quelque chose pour les avoir manipulés. Il existe des méthodes de détection de l’amiante dans l’air. La concentration en milieu de travail se repère par microscope optique (arrêté du 14/05/1996) ; elle se détermine en fibres par cm3. La teneur dans l’atmosphère des immeubles et dans l’environnement en général se fait par microscope électronique : elle permet de déterminer les fibres en nombre de fibres par litre.

LES RISQUES PATHOLOGIQUES DE CES FIBRES :

Ils tiennent essentiellement à la taille et à la géométrie de la fibre. Certaines fibres sont « pointues » comme des aiguilles, d’autres sont arrondies, d’autres sont chevelues. La taille et la géométrie de la fibre ont de l’importance ; elles déterminent la pénétration de l’amiante (dans le cas qui nous intéresse) par les voies respiratoires. L’amiante entre donc dans les voies respiratoires pour atteindre les alvéoles pulmonaires et traverser les tissus (la bronche, l’alvéole pulmonaire ...). Mais il peut aussi pénétrer par d’autres voies. Par exemple, boire un liquide qui contient des poussières d’amiante et le retrouver dans le système digestif (estomac - oesophage ...).

Il y a deux types de pathologies (en fonction des connaissances d’aujourd’hui) : les pathologies bénignes et les pathologies malignes (celles qui nous préoccupent le plus car elles ont un pronostic beaucoup plus péjoratif).

A - LES PATHOLOGIES BENIGNES

Radiographie d´une Fibrose asbestosique
Fibrose asbestosique
Aspect de fibrose pulmonaire :
avec le scanner c´est le plus démonstratif.
Le scanner est une radiographie
qui étudie des "tranches de thorax".

L’ asbestose : c’est une fibrose.
Elle atteint le poumon (qui est un organe parfaitement souple lors des mouvements respiratoires chez un individu normal). Il durcit et perd alors de sa souplesse. D’où une gêne respiratoire, c’est-à-dire une difficulté du passage de l’oxygène au travers de la membrane de l’alvéole et donc une diminution de l’oxygène dans le sang chez les individus qui sont atteints de cette fibrose. Donc intérêt des études du souffle qui peuvent permettre d’appréhender cette asbestose si elle n’était pas encore visible sur les radiographies. C’est donc une fibrose interstitielle car elle atteint tout le poumon dans son ensemble. Elle est diffuse : elle va se développer progressivement dans les régions qui sont autour des bronches, vers des espaces périphériques aux poumons. Mais elle ne se développe pas rapidement. Il faut 10 à 20 ans d’exposition pour voir apparaître ce type de maladie qu’est l’asbestose. C’est une maladie professionnelle dont nous parlerons tout à l’heure.

Radiographie d´une Plaques pleurales calcifiées
Plaques pleurales calcifiées
le poumon n´a plus toute sa souplesse

Les plaques pleurales :
Nos poumons sont entourés de deux feuillets. Ils les entourent complètement. Ces deux membranes souples qui épousent parfaitement le poumon, peuvent du fait de l’amiante qui vient s’y accumuler, se durcir ou s’épaissir. Ces plaques peuvent dans certains cas se calcifler et devenir dures comme la coquille d’un oeuf. Et en cas d’ épaississement pleural, la souplesse est un peu perdue. Imaginez la souplesse d’une feuille de papier qui se plie sans aucune difficulté ... Imaginez maintenant la souplesse d’une semelle de chaussure en cuir qui se plie difficilement. Cette comparaison pour dire qu’une plèvre normale se plie comme une feuille de papier. En cas d’épaississement pleural, elle va se plier comme une chaussure avec une semelle de cuir. Par contre, en cas de plaque pleurale, c’est dur comme la coquille d’oeuf : ça ne se plie plus.
Ces phénomène de plicature de la plèvre sont nécessaires pour permettre au poumon d’avoir son expansion, de l’inspiration vers l’expiration et vice-versa. Et souvent, au début le patient ne ressent rien ; il n’a pas de douleur, pas de syndrome bronchique, il n’est pas essoufflé.
Les plaques peuvent être isolées ou associées à la fibrose que nous avons vue plus haut. Elles peuvent aussi donner lieu à des réactions pleurales.
La plèvre qui recouvre parfaitement les deux poumons peut donner lieu au développement d’un liquide, ce qui donne une maladie qui s’appelle la pleurésie. Un liquide qui est tantôt clair comme de l’eau, tantôt brun comme de la bière et parfois hémorragique comme du sang (le caractère hémorragique dans le cas présent, n’étant pas forcément synonyme de malignité) est présent entre les deux feuillets de la plèvre. Pour les plaques pleurales, il faut 10 à 15 ans d’exposition à l’amiante pour voir apparaître ce type de pathologie.


A ce point de l’exposé, il faut préciser un point très important : les individus ont des risques différents face à la maladie : c’est-à-dire que deux personnes qui ont travaillé dans le même atelier, voisins de travail, dans la même exposition et le même geste n’auront pas forcément la même maladie. Nous avons des prédispositions.

Les complications de ces maladies
On peut voir se développer :
Des pneumopathîes (affection du poumon) ou une insuffisance respiratoire chronique (essoufflement à l’effort) : tout simplement le fait de monter un ou deux étages devient difficile ou si la route est en pente, on est essoufflé. Elle peut se développer progressivement et devenir de plus en plus invalidante.
Des pleurésies hémorragiques, que nous citions tout à l’heure. Elles ont souvent des évolutions prolongées, c’est-à-dire que le patient a un épanchement pleural : il a du liquide dans sa plèvre qu’on ponctionne de temps en temps quand il est gênant mais il revient régulièrement. On dispose aussi de traitements pour l’assécher complètement.
L’ insuffisance ventriculatoire: c’est le ventricule droit qui travaille pour vasculariser le poumon. Et par conséquent, le poumon étant plus dur, moins souple, le coeur doit émettre une pression plus importante pour propulser le sang dans les poumons. De ce fait, il se fatigue. Sur le plan pratique, ça va se manifester par les chevilles qui enflent. (mais toute cheville qui enfle n’est pas forcément de l’insuffisance ventnculatoire).

B - LES PATHOLOGIES MALIGNES

Radiographie d´un Mésothéliome pleural
Mésothéliome pleural
Tumeur de la plèvre :
Pour faire le diagnostic,
il n´y a qu´une façon, c´est la biopsie :
on prend un morceau de la tumeur
et on l´analyse.

Le mésothéliome pleural
Le mésothéliome n’atteint pas que la plèvre. Il peut atteindre aussi le péritoine, voire le péricarde (enveloppe qui entoure le coeur, à l’image de la plèvre qui entoure le poumon). Le mésothéliome c’est le développement de cellules cancéreuses dans la plèvre. C’est une maladie qui apparaît après 20 ou 30 ans d’exposition. C’est donc une exposition longue et avec une longue latence. Donc on peut avoir abandonner le risque depuis très longtemps et voir apparaître cette pathologie 20 à 40 ans après. Le pronostic du mésothéliome est encore aujourd’hui, malgré certains progrès, extrêmement sévère. L’espérance de vie d’un mésothéliome est faible. Le diagnostic est souvent difficile et il ne peut être fait que par une biopsie chirurgicale de la plèvre. Il faut demander au chirurgien de prendre un morceau de la plèvre pour l’affirmer. Et dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui, c’est un élément extrêmement important. Car il faut pouvoir fournir une preuve histologique pour la prise en compte de ce type de pathologie dans le cadre de la maladie professionnelle. D’où l’importance de la preuve.

Radiographie d´un Cancer du poumon
Cancer du poumon
Face à ce type de tumeur, on se doit de faire le diagnostic le plus tôt possible. Dans certains cas la guérison est possible.

Le cancer broncho-pulmonaire
Autre maladie préoccupante (bien qu’ayant un pronostic sévère, il l’est moins que le mésothéliome). Il faut bien préciser que l’asbestose (la fibrose) que nous avons vue tout à l’heure se complique rarement en cancer. A l’inverse, on peut développer un cancer sans jamais avoir eu aucune des maladies citées précédemment.

 

L´importance de la Prévention

Chose extrêmement importante si le cancer du poumon est pris suffisamment tôt. On peut le guérir ! D’où l’importance d’être dépisté.

C - LES RISQUES PATHOLOGIQUES

Heureusement, la plupart des personnes exposées ne développent aucune complication, aucune pathologie. Le terrain de l’individu est un facteur essentiel, même si nous avons des prédispositions génétiques ; avec notamment le tabac et l’alcool. Tout particulièrement le tabac: toutes les enquêtes concordent pour démontrer que le fait d’être fumeur et exposé à l’amiante entraînent des risques de développer une des maladies de façon beaucoup plus importante (multiplié par 5 voir par 10 = ça dépend des situations professionnelles). L’alcool aussi joue un rôle car il fragilise l’organisme.

 

La région Nord Pas-de-Calais Le centre Hospitalier de Roubaix

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